Le charme discret des voix secondes
Voix premières. Voix secondes.
Il y a les voix premières. Il y a les voix secondes.
Les voix premières sont claires, directes, aisées, pleines de mots qui sonnent et marquent les esprits. Voix du responsable, du leader ; voix affirmées, d’un naturel facile.
Les voix secondes appartiennent au monde de la demi teinte, de la discrétion, de la modestie, de l’humilité ou du mal d’être. Voix retenues, sourdes ou gênées de ces personnes que l’on dit réservées. Des voix qui semblent nous arriver du plus loin d’une source enfouie, à mots comptés, à paroles malaisées. Voix de timides ou de taiseux humbles et entêtés parfois. Soumises ou fortes, c’est selon.
Aucune classification ni critères de valeur dans ces voix comparées. Les premières commandent, entrainent ; les secondes sont plutôt intériorisées.
Voix politiques

Nos personnalités reflètent ces différences.
Nous en avons l’exemple en politique. Nicolas Sarkozy en voix première. François Fillon en voix seconde.
François Fillon ne mord pas dans les mots. Il a une allure de premier de la classe ou de clerc de notaire. Posé... même en colère. Dévoué, au service de : « Je ne suis rien ; mon maitre est tout ». Agaçant à force de faire ce qu’il faut avec le petit sourire qu’il faut quand il faut à la limite de la condescendance ; jamais appuyée.
Quand les secondes deviennent premières
Aussi quand la force de la voix première commence à s’émousser sur le dos rond de l’incrédulité générale, comme durant les dernières régionales, nous voyons tout naturellement le charme de la voix seconde, émerger, monter dans les sondages... Et François Fillon passe devant Nicolas Sarkozy. Il s’en défend : « Je ne suis rien ; mon maitre est tout... Je ne suis rien ; mon maitre est tout... ».
La voix première se dit : « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage... ». La voix seconde répète comme un mantra : « Je ne suis rien ; mon maitre est tout... Je ne suis rien ; mon maitre est tout... ».
Les voix d’ailleurs
Si d’aventure l’insatisfaction grandissait dans le pays et si à leur tour les secondes voix venaient à s’user on pourrait s’attendre à ce que d’autres voix inédites, émergent et les remplacent. Des voix jaillies de la frustration d’un inter monde qui attend son tour. Qui a des tas de choses à dire ; voix issues de la société civile ; du syndicat, des associations, ou bien « grandes gueules » en embuscades, démagogues toujours prêts...
La vox populi
Et si cela ne suffisait pas alors craignons le pire !
Une autre voix plus terrible encore que toutes les voix réunies, une voix comme un océan en souffrance, un Tsunami en veille, pourrait déferler et emporter tout sur son passage. On l’appelle : la voix populaire ou « VOX POPULI ». Mais ceci est une autre voie...


